Partir en Tunisie sans connaître sa monnaie, c’est comme naviguer sans boussole ! Le dinar tunisien règne en maître sur ce territoire nord-africain depuis plus de six décennies. Cette devise fascinante cache bien des secrets : impossible de l’emporter dans vos valises, elle se subdivise en millimes plutôt qu’en centimes, et son histoire remonte aux pièces d’or romaines. Pour les voyageurs européens, la donne a bien changé ces dernières années. Là où un euro valait moins de 2 dinars il y a quinze ans, il en vaut désormais plus de 3. Une aubaine pour votre pouvoir d’achat sur place, mais attention aux pièges du change !
Le dinar tunisien : une monnaie aux racines millénaires
Le dinar tunisien puise ses origines dans l’Antiquité romaine, descendant direct du « denarius aureus » – littéralement la pièce d’or. Cette filiation n’est pas anodine : elle témoigne de l’héritage commercial méditerranéen qui traverse les siècles. Depuis novembre 1958, cette devise a remplacé le franc tunisien au taux historique de 1 dinar pour 1000 francs.
Sa particularité réside dans son fractionnement unique : 1000 millimes composent un dinar, vestige direct de l’ancien système français. Cette subdivision se retrouve encore aujourd’hui dans le langage populaire, où les Tunisiens utilisent parfois le terme argotique « frank » pour désigner les millimes.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Code ISO | TND |
| Symbole | DT |
| Subdivision | 1000 millimes |
| Date de création | 1er novembre 1958 |
| Banque émettrice | Banque Centrale de Tunisie |
Les billets et pièces qui racontent l’histoire tunisienne
Chaque coupure tunisienne raconte une page d’histoire. Les billets actuels célèbrent des figures emblématiques : Farhat Hached sur le 20 dinars, Tawhida Ben Cheikh – première femme médecin du monde arabe – sur le 10 dinars. Cette révolution iconographique post-2011 a effacé les références à l’ancien régime pour honorer les bâtisseurs de la nation.
Les pièces suivent une logique pratique avec des formats reconnaissables au toucher. La pièce de 2 dinars, introduite en 2013, arbore une forme tridécagonale distinctive qui facilite son identification.
- Billets : 5, 10, 20, 50 dinars
- Pièces principales : 1 et 2 dinars, 500 millimes
- Petites coupures : 5, 10, 20, 50, 100, 200 millimes
- Matériaux : Aluminium pour les petites valeurs, cupronickel pour les grandes

Change euro-dinar : décryptage d’une évolution spectaculaire
L’évolution du taux de change euro-dinar raconte l’histoire économique tunisienne récente. Cette transformation progressive bouleverse les habitudes des voyageurs européens. Si en 2003 un euro s’échangeait contre 1,50 dinar, la tendance s’est inversée de manière spectaculaire.
Cette dépréciation structurelle du dinar s’explique par plusieurs facteurs économiques. La Banque Centrale de Tunisie a longtemps privilégié cette politique pour maintenir la compétitivité des exportations tunisiennes, notamment dans le secteur textile. Une stratégie payante qui a permis au pays de résister aux turbulences du commerce international.
| Année | Taux EUR/TND | Contexte économique |
|---|---|---|
| 2008 | 1,790 | Avant crise financière |
| 2014 | 2,250 | Post révolution |
| 2018 | 2,959 | Accélération de la dépréciation |
| 2021 | 3,263 | Impact pandémie |
Où et comment optimiser vos changes
Le choix du lieu de change influence directement votre budget voyage. Les aéroports, bien que pratiques, appliquent souvent des marges importantes. Les centres-villes regorgent d’alternatives plus avantageuses, notamment près des zones touristiques de Tunis, Sousse ou Hammamet.
Les banques locales offrent généralement les meilleurs taux. La Banque de Tunisie, la Banque Zitouna, Amen Bank, Attijari Bank, BIAT, la Banque Nationale Agricole et STB Bank disposent toutes de guichets de change dans leurs agences principales. Même la Poste Tunisienne propose ce service dans certaines villes.
- Bureaux de change officiels : taux compétitifs, nombreux emplacements
- Distributeurs automatiques : pratiques 24h/24, commissions variables
- Hôtels : service rapide mais taux moins avantageux
- Banques : meilleurs taux, horaires restreints
Réglementation monétaire : ce que tout voyageur doit savoir
La législation tunisienne encadre strictement les mouvements de dinars. Cette particularité, héritée des contrôles de change, transforme chaque voyage en défi logistique. Impossible d’arriver avec des dinars en poche ou de repartir avec un stock important : la loi tunisienne l’interdit formellement.
Cette contrainte cache une logique économique : protéger la devise nationale des spéculations et maintenir le contrôle des flux financiers. Pour les touristes, cela signifie une planification minutieuse des dépenses et du change restant.
Droits et obligations des voyageurs non-résidents
Les règles diffèrent selon votre statut. Un touriste européen peut emporter l’équivalent de 5000 dinars en devises étrangères sans justificatif. Au-delà, la déclaration en douane devient obligatoire. Cette limite, généreuse pour un séjour classique, couvre largement les besoins d’un voyage de deux semaines.
Les résidents tunisiens bénéficient d’une allocation touristique annuelle de 6000 dinars convertible en devises. Cette mesure, régulièrement ajustée par les autorités, reflète les tensions sur les réserves de change du pays.
| Statut | Limite d’exportation | Justificatif requis |
|---|---|---|
| Touriste non-résident | 5000 dinars équivalent | Aucun |
| Résident tunisien | 6000 dinars/an | Allocation touristique |
| Dépassement limites | Variable | Autorisation BCT |

Stratégies pratiques pour gérer son budget en dinars
Maîtriser l’art du change en Tunisie demande quelques astuces de terrain. La première règle : diversifier ses sources d’approvisionnement. Comptez sur les distributeurs pour les retraits d’appoint, les bureaux de change pour les gros montants, et gardez toujours quelques petites coupures pour les souks et marchés traditionnels.
L’anticipation reste votre meilleur allié. Surveillez l’évolution des taux avant le départ, notamment sur le site de la Banque Centrale de Tunisie qui publie quotidiennement les cours officiels. Les fluctuations, bien que modérées au jour le jour, peuvent impacter significativement un budget conséquent.
Les pièges à éviter et bonnes pratiques
Certaines erreurs coûtent cher aux voyageurs novices. Évitez absolument les changeurs informels, même si leurs taux semblent attractifs : outre l’illégalité, vous risquez de recevoir d’anciens billets démonétisés depuis 2019. La Banque Internationale Arabe de Tunisie et les autres établissements officiels restent vos références sûres.
Planifiez votre fin de séjour pour écouler vos dinars restants. Les achats de souvenirs, les derniers restaurants ou l’essence pour la voiture de location constituent autant d’opportunités de dépenser intelligemment plutôt que de subir un change défavorable à l’aéroport.
- Gardez vos reçus de change pour justifier la reconversion
- Privilégiez les petites coupures pour les marchés locaux
- Vérifiez la validité des billets reçus (émissions post-2011)
- Négociez les gros montants dans les bureaux spécialisés
- Évitez les changes de dernière minute à l’aéroport




